Les projets numériques dans le secteur public se heurtent souvent à des délais importants, à une dépendance forte aux développements spécifiques et à des besoins métiers qui évoluent plus vite que les feuilles de route initiales. Face à ces contraintes, les approches low-code et no-code apparaissent comme des alternatives pour concevoir et déployer des solutions plus rapidement.
Des projets numériques qui peinent parfois à avancer
Malgré une volonté affirmée de modernisation, de nombreux projets numériques publics rencontrent des difficultés à passer du cadrage à la mise en œuvre opérationnelle. Ces difficultés tiennent moins à l’absence de solutions qu’à des contraintes structurelles propres au secteur public.
Des cycles de développement peu adaptés aux contraintes actuelles
Les projets numériques publics s’inscrivent souvent dans des cycles longs, marqués par des phases successives d’expression de besoin, de validation, de développement et de déploiement. Cette organisation, historiquement pensée pour des projets lourds, laisse peu de place à l’itération et à l’ajustement en cours de route. Dans un contexte où les règles évoluent et où les priorités peuvent changer rapidement, ces cycles rigides deviennent un frein à l’efficacité et à la réactivité des administrations.
Une dépendance forte aux ressources techniques
La mise en œuvre de projets numériques repose encore largement sur des compétences techniques spécialisées, souvent rares et fortement sollicitées. Cette dépendance limite la capacité à lancer ou à faire évoluer des applications dans des délais raisonnables. Elle peut également créer des goulots d’étranglement, lorsque les équipes IT doivent arbitrer entre maintenance des systèmes existants et développement de nouvelles solutions.
Des besoins métiers en constante évolution
Les besoins des services métiers ne sont pas figés. Ils évoluent au rythme des réformes, des ajustements réglementaires et des usages des usagers. Or, les projets numériques traditionnels peinent à intégrer ces évolutions une fois les développements engagés. Ce décalage entre le rythme des projets et celui des besoins métiers contribue à l’obsolescence rapide de certaines solutions, parfois dès leur mise en production.
Low-code et no-code : clarifier les notions pour éviter les confusions
Les termes low-code et no-code sont de plus en plus utilisés pour qualifier des approches de développement plus rapides et plus accessibles. Pourtant, ils recouvrent des réalités différentes qu’il est important de distinguer, en particulier dans le contexte du secteur public.
Des environnements de développement orientés configuration
Les approches low-code et no-code reposent sur des plateformes qui permettent de concevoir des applications à partir de composants préconfigurés, de modèles et de règles visuelles. L’objectif est de limiter le recours au développement spécifique, sans pour autant renoncer à la robustesse des applications produites.
Cette logique de configuration plutôt que de programmation facilite la mise en œuvre de solutions adaptées à des besoins clairement identifiés.
Low-code et no-code : des usages distincts selon les besoins
Le no-code s’adresse principalement aux utilisateurs métiers pour des cas d’usage simples et ciblés, comme la création de formulaires, de workflows ou d’outils internes.
Le low-code, quant à lui, conserve une place pour les équipes techniques, notamment pour gérer des intégrations, des règles complexes ou des exigences de sécurité spécifiques. Ces deux approches ne s’opposent pas, mais se complètent en fonction du niveau de complexité des projets.
Une approche complémentaire aux systèmes existants
Contrairement à certaines idées reçues, le low-code et le no-code ne visent pas à remplacer les systèmes d’information existants. Ils s’inscrivent plutôt comme des couches complémentaires, capables de répondre rapidement à des besoins spécifiques sans remettre en cause l’architecture globale.
Cette complémentarité permet aux administrations d’accélérer certains projets tout en préservant la stabilité de leurs systèmes structurants.
Accélérer les projets numériques grâce au low-code et no-code
Dans le secteur public, l’intérêt du low-code et du no-code ne réside pas uniquement dans la simplification technique. Leur principal apport tient à leur capacité à réduire les délais et à mieux aligner les projets numériques avec les réalités métiers.
Réduire les délais de conception et de mise en production
En s’appuyant sur des composants réutilisables et des logiques de configuration, les approches low-code et no-code permettent de raccourcir significativement les phases de conception et de développement. Les administrations peuvent ainsi passer plus rapidement de l’idée à une application fonctionnelle.
Tester, ajuster et faire évoluer plus rapidement
Les plateformes low-code et no-code facilitent l’itération. Les solutions peuvent être testées avec les utilisateurs, ajustées en fonction des retours, puis enrichies progressivement sans repartir d’un développement lourd.
Cette capacité d’adaptation réduit le risque de décalage entre la solution livrée et les usages réels, un écueil fréquent dans les projets numériques traditionnels.
Mieux aligner les solutions avec les besoins métiers
En rapprochant les équipes métiers du processus de conception, le low-code et le no-code favorisent une meilleure compréhension des besoins fonctionnels. Les utilisateurs participent plus directement à la définition des applications, ce qui renforce leur pertinence opérationnelle.
Cet alignement contribue également à une meilleure appropriation des outils par les équipes, facteur clé de réussite des projets numériques.
Des cas d’usage concrets dans le secteur public
Les approches low-code et no-code trouvent leur pertinence lorsqu’elles sont appliquées à des besoins clairement identifiés. Dans le secteur public, plusieurs cas d’usage se distinguent par leur récurrence et leur potentiel d’impact.
Digitaliser rapidement des processus internes
La création de formulaires, de circuits de validation ou d’outils de suivi interne constitue un terrain particulièrement adapté au low-code / no-code. Ces solutions permettent de structurer des processus même complexes sans engager des développements lourds. Cette digitalisation contribue à réduire les délais de traitement, à fiabiliser les échanges et à améliorer la lisibilité des processus pour les équipes.
Déployer des démarches et services en ligne
Le low-code / no-code facilite la mise en place de services numériques à destination des usagers, notamment pour des démarches spécifiques ou des besoins ponctuels. Les administrations peuvent ainsi répondre plus rapidement à des attentes spécifiques, sans attendre des cycles de projet longs.
Ces approches permettent également d’ajuster les parcours usagers en fonction des retours terrain et des évolutions réglementaires.
Mettre en place des outils de suivi et de pilotage
Les plateformes low-code et no-code sont aussi utilisées pour concevoir des applications de suivi d’activité ou des tableaux de bord opérationnels. Elles offrent une visibilité fine sur les volumes traités, les délais ou les points de blocage. Ces outils renforcent la capacité de pilotage des services, tout en restant simples à faire évoluer.
Réussir l’adoption du low-code et no-code dans une logique maîtrisée
Si ces approches offrent des gains rapides, leur efficacité dépend largement des conditions dans lesquelles elles sont déployées.
Identifier les bons cas d’usage
Tous les projets ne se prêtent pas au low-code ou au no-code. Ces approches sont particulièrement adaptées aux applications métiers, aux processus transverses ou aux besoins évolutifs, mais moins aux systèmes critiques ou fortement intégrés.
Un cadrage précis en amont permet d’éviter les dérives et de concentrer les efforts sur les projets à forte valeur ajoutée.
Organiser la collaboration entre métiers et IT
La réussite des projets repose sur une coopération étroite entre les équipes métiers et les équipes IT. Le low-code et le no-code ne suppriment pas le rôle de l’IT, mais le font évoluer vers des fonctions de cadrage, de sécurisation et de gouvernance. Cette collaboration garantit la cohérence des solutions avec l’architecture existante et les exigences de sécurité.
Inscrire ces approches dans une trajectoire numérique globale
Le low-code et le no-code donnent leur pleine mesure lorsqu’ils s’inscrivent dans une stratégie numérique globale. Ils doivent compléter les outils existants et contribuer à une vision d’ensemble, plutôt que créer une juxtaposition de solutions isolées.
Le low-code / no-code constituent des leviers efficaces pour accélérer les projets numériques dans le secteur public, à condition d’en faire un usage maîtrisé. En réduisant les délais de mise en œuvre et en rapprochant les solutions des besoins métiers, ces approches permettent de gagner en agilité sans remettre en cause les fondations du système d’information. Intégrées dans une stratégie numérique cohérente, elles offrent aux administrations une capacité d’adaptation désormais indispensable.
